Métro, boulot, dodo

Mes jours passent comme ils doivent se passer : la maison, les enfants, le boulot. Je vis mes journées au rythme 'métro, boulot, dodo" à l'exception du métro car dans notre grande cité dunkerquoise, le métro ne nous emmène nul part. Alors ce sera "voiture, boulot, dodo". et encore, continuons à démolir ce rituel quotidien : depuis quelques semaines, y'a plus vraiment de "dodos" non plus! Et il faut faire avec ... S'endormir à pas d'heure, sommeiller, sursauter au moindre bruit ou au moindre souffle de la maison (et avec la tempête qui touche nos côtes ce week - end, ce sont bien plus que des souffles ...) et finallement commencer à se reposer quand le réveil vous signale qu'il faut penser rapidement à se lever!

Non mais ca va durer encore longtemps ce cirque?

Si seulement, je détenais la réponse à mon problème. Du moins, j'en connais la cause : je la nomme, je l'analyse, je la comprends, je ne l'acceptes pas, je la partage et la chaine se brise. J'aurai tellement aimer trouver de l'aide. Mon médecin me dit que le travail est la solution à long terme pour réguler mon sommeil, que si je bosse la journée - en plus de m'occuper de mon foyer comme toutes les femmes qui travaillent et qui ont la "double peine" - forcément (hic!) je finirai par tomber de sommeil le soir venu!

Wouai, ben ça marche pas!

J'ai repris le boulot - sans entrain. J'exécute. Je ne cherche pas à comprendre le fond des choses. On me dit; je fais! Je tente de supporter mon entourage - que ce soit ma famille, les amis, les gens en général. Je voudrais tellement rester seule chez moi et ne pas sortir. La moindre anicroche et j'explose. Et pourtant, j'intériorise au maximum.

Ne rien dire et se taire.

A la maison, le scenario se répète. Il ne faut pas me chercher car on me trouve ... souvent en colère. J'en ai marre de ranger, nettoyer, cuisiner, re - ranger et ne pas me faire entendre. Cela fait des années que ça dure, que les filles n'en font qu'à leur tête, que mon cher et tendre oublie volontiers le soir qu'une maison peut se tenir à deux et que les enfants peuvent demander à papa aussi ... Et jusqu'à présent, je ne disai pas. Je faisais. Je ne veux plus.

Quand y'en a marre, y'a ... ben y'a quoi?

Et le souvenir omni - présent de papa. Le besoin de me souvenir de sa voix, de sa présence. Sans cesse me dire que s'il était là, il pourrait m'aider dans tel ou tel problème. L'envie de lui téléphoner, de le savoir présent qui se faisait sentir tous les jours, qui faisait que je lui téléphonais si je ne pouvais le voir... bien que les jours sans se voir était rare! Maman vit à la maison depuis son départ et je ne parviens pas à exprimer mon chagrin pour ne pas l'attrister plus encore. C'est difficile pour elle. Je ne veux pas qu'elle me voit craquer bien qu'elle se doute que je vais mal... et pour mes filles, je me dois de rester forte...

Juste une illusion

J'aurai aimé avoir de l'aide chimique; j'ai demandé à mon médecin qu'il m'aide. Mais il ne veut pas; il me dit que ce n'est pas une solution efficace mais juste un leurre, une illusion de mieux être qui ne durera qu'un temps, que mon problème ne sera pas résolu de la sorte. Mais mon problème n'a pas de solution. C'est une histoire sans fin ... Papa est parti. Le temps effacera - t - il ma douleur?ma peine ? Qui répondra enfin à mes questions?

Et vous, comment allez - vous?

 

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